Dans la campagne lorraine, au milieu des hauts fourneaux fumants et des usines désaffectées, un hangar abrite le squat de Samuel, solide gaillard aux cheveux blonds peroxydés et en bataille, une bonne grosse paire de rangers aux pieds, un jeans bouffant enserré à la base dans ses chaussures. Oiseau de nuit, il ne vit que pour les rave-party gratuites et clandestines organisées au cour d'une clairière. La tête dans les étoiles, les pieds dans la boue, il s'éclate sur les airs de techno déversés tout au long de la nuit. Ivre de fatigue, le corps dégoulinant de sueur, il rentre pour aller s'affaler tout habillé sur une couche constituée d'un seul matelas.


Au réveil, sans plus se soucier de l'odeur qui s'élève de son corps, il rince rapidement chaussettes et tee-shirt (il ne porte pas de slip) avant de les déposer à sécher sur un antique radiateur électrique récupéré. Un rapide passage sous l'eau froide l'éveille complètement. Puis, il enfile un survêtement froissé et des chaussettes propres, usées et marquées par des couches successives de transpiration indélébile.


Comme tous les jours, dans le square sordide de la petite ville campagnarde, Samuel retrouve son copain Oussedine, un jeune beur au visage rond et jovial, cheveux courts, jeans et baskets. Assis côte à côte sur un banc écaillé ou allongés sur l'herbe paresseuse et rare, ils refont le monde et s'apitoient sur la misère de leur vie.


- Grave ce matin, se plaint Oussedine. Je me suis encore fait "enguirlandé" parce que j'avais pas changé de chaussettes!

- Putain! Ne me saoule pas avec tes histoires à la con, répond Samuel.

- Ouais, mais mes frangins n'arrêtent pas de me prendre la tête sous prétexte que je suis un vrai putois!

- Eh ben, dis-donc, ça doit vraiment schlinguer hard dans tes pompes!

- T'imagines pas! Tant et si bien que je suis encore puceau, tellement j'ai la honte à l'idée de me déchausser devant une nana.

- T'es vraiment nul. Essaye de te dégoter un mec porté sur les odeurs.

- T'es "ouf", j'suis pas pédé, moi!

- T'as rien compris. C'est pas toi le pédé dans l'affaire si tu encules!

- Arrête, c'est kif kif!

- O.K., laisse tomber. Bouge-toi, on va faire un tour.

Dans les bois environnants, les deux garçons sont amenés à franchir un cours d'eau. Samuel le traverse de ses longues enjambées. Oussedine hésite, trépigne sur la rive, maudit son copain de l'avoir emmené jusque là. Il ne tient pas à mouiller ses Nike. Samuel se propose de l'aider. Il lui tend une main, le guide vers des cailloux affleurant le courant, puis, à un moment donné, il le lâche. Oussedine perd l'équilibre et tombe les deux pieds dans l'eau jusqu'au mollet.


- Tu te seras lavé au moins une fois, ricane Samuel.

- T'es vraiment un enfoiré! hurle Oussedine au milieu de la rivière.

Il sent ses chaussettes mouillées patauger dans ses baskets.

Samuel revient sur ses pas, insiste pour faire bouger son pote, se dirige vers lui afin de lui prendre le bras, mais à son contact, il le projette dans l'eau en riant. Oussedine est retombé au milieu du courant, de l'eau jusqu'à la taille.


- Enculé! lance-t-il en direction de Samuel. Il se relève et traverse sans plus se préoccuper de l'eau qui l'entoure.


Abandonnant Samuel, il reprend le chemin de leur repaire. Il retire alors ses baskets, les évide, enlève ses chaussettes spongieuses, les essore. Entre-temps, Samuel l'a rejoint. Il fixe les pieds nus de son copain.

- Pourquoi j'en prends toujours plein la gueule? reproche Oussedine, ému.

D'un geste de colère, il jette au visage de Samuel ses chaussettes lourdes de l'eau imprégnée. Samuel les rattrape, s'attarde sur leur état. N'ayant pas été frottées, les traces sales sont toujours apparentes. Il s'en saisit toutefois délicatement et va les placer sur le radiateur.

- Je suis désolé, murmure-t-il, les yeux rivés sur les jambes d'Oussedine que le jeans retroussé laisse à nu.

Face au mutisme d'Oussedine, Samuel lui propose une bière. Il essuie un refus poli mais sec. Samuel se sert une canette et s'allonge sur le lit. Son regard se porte de plus en plus longuement sur les chaussettes en train de sécher. Au fur et à mesure de l'évaporation de l'eau, l'odeur originelle se fait sentir, celle des pieds à la transpiration fétide. Sa queue commence à le démanger sous son jeans. Replié sur une chaise, Oussedine reste silencieux, la tête invariablement baissée sur l'extrémité de ses baskets.

- J'ai une gaule terrible, ose lâcher Samuel.

Oussedine reste silencieux.

- C'est tes chaussettes qui me mettent dans cet état.

Oussedine prend alors la parole:

- Ouais, ça va devenir irrespirable... Je vais les remettre aux pieds...

- Non... Laisse encore un peu l'air s'empuantir. C'est si délicieux!

- Oh mec, tu délires ou quoi?

- Je plane mon chéri!

- Dis-donc, j'suis pas pédé... Fais attention comme tu me parles!

- T'inquiètes, c'est moi le pédé... J'ai envie de toi, mec... Tu veux pas me prendre?

Samuel s'est levé, a baissé son jeans et présente ses fesses à son copain.

- Viens t'enfoncer en moi, lui dit-il en se courbant et en écartant les deux dômes de chair.

Samuel a retiré les chaussettes d'Oussedine du radiateur, les porte à son nez, prend une bouffée d'odeur à pleines narines.

- Qu'est-ce que tu attends, mon chou... Viens... Je vais pas tarder à jouir seul!

- Et merde, fait Oussedine, excité par les propos et la position de Samuel.

La ceinture débouclée, la braguette déboutonnée, le slip d'Oussedine apparaît distendu par une barre de beau calibre...